Inflation, croissance, emploi… Comment la guerre au Moyen-Orient va impacter l’économie française ?
Publié le 27.3.2026 à 20:37, modifié le 27.3.2026 à 20:40
Rebond de l’inflation, croissance très limitée, destructions d’emploi et remontée du chômage, ces 4 graphiques présentent les dernières prévisions de l’Insee suite au déclenchement de la guerre.
>> Les notes de conjoncture de l’Insee sont toujours riches d’enseignements mais la dernière méritait une attention particulière. Intitulée “Inflation ravivée, croissance fragilisée”, elle intègre les effets de la guerre au Moyen-Orient dans les prévisions économiques pour la France au premier semestre. La flambée des prix du pétrole et du gaz vient en effet bousculer l’économie mondiale. La France qui, comme l’Europe, importe massivement ses hydrocarbures, n’est pas épargnée.
>> Comme vous pouvez le constater dans cette série de graphiques, l’impact sur les principaux indicateurs économiques tricolores est assez significatif par rapport aux prévisions de décembre.
La croissance en France résisterait à court terme, l’inflation rebondirait rapidement
>> Le principal effet concerne naturellement l’inflation, du fait de la flambée des prix de l’énergie. Dans ses nouvelles prévisions, l’Insee “fait l’hypothèse d’un maintien des cours de pétrole autour de 100 $ jusqu’en juin”. Dans ces conditions, l’inflation, encore modérée début 2026 (+0,9% en février), devrait dépasser 2% au printemps. Cela devrait peser sur le pouvoir d’achat des ménages car les salaires ne suivraient pas de suite.
>> Profitant du commerce extérieur et d’un léger rebond de l’investissement au printemps, la croissance en France résisterait à court terme. L’Insee table sur +0,2% par trimestre et +0,9% d’acquis à mi-année, soit 0,1 point de moins par rapport aux prévisions de décembre.
>> Le marché du travail, déjà atone, serait un peu plus affecté. Environ 12.000 emplois salariés seraient détruits (6.000 par trimestre), malgré 10.000 créations dans le public. Avec la hausse de la population active (du fait de la réforme des retraites), le taux de chômage remonterait plus vite que prévu, à 8,1% fin juin, contre 7,8% attendu en décembre.
La durée et l’intensité du conflit en question
>> L’Insee rappelle : “Le principal aléa du scénario de prévision réside dans la durée et l’intensité du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran”. Notamment sur les prix du pétrole : “si le conflit s’interrompait rapidement, l’excès d’offre sur le marché reprendrait le dessus et le prix dégringolerait (…). À l’inverse, une intensification du conflit (…) pourraient propulser les prix des hydrocarbures encore plus haut (…)”.
>> Par ailleurs, si ce conflit se prolongeait, il “pourrait provoquer des perturbations plus importantes du commerce mondial et entraîner des ruptures d’approvisionnement”, prévient l’Institut de la statistique.
