Emploi, croissance, inflation… la fin 2026 va être difficile en France
Publié le 19.6.2026 à 18:44, modifié le 19.6.2026 à 18:44
Hausse de l’inflation et du chômage, faible croissance et baisse du pouvoir d’achat… visualisez les prévisions économiques de la France jusqu’à fin 2026.
>> Cette série de graphiques montre l’actualisation des prévisions de l’Insee pour le deuxième trimestre ainsi que ses premières anticipations pour la fin d’année. Quatre indicateurs majeurs pour l’économie française sont présentés : la croissance, l’inflation, l’emploi salarié et le taux de chômage.
>> Autant le dire, les perspectives pour le second semestre 2026 ne sont pas bonnes. L’Insee a intitulé sa note de conjoncture “L’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup”. Après le repli du PIB en début d’année, la croissance devrait bénéficier d’un léger rattrapage au deuxième trimestre, puis être tout juste positive jusqu’à la fin de l’année (graphique 1).
>> Sur l’ensemble de 2026, la croissance en France atteindrait +0,7%, après +0,9% en 2025 et +1,4% en 2024. Elle serait soutenue principalement par le commerce extérieur, notamment les industries exportatrices de l’aéronautique et du naval. En revanche, la consommation des ménages ralentirait sensiblement.
L’inflation devrait se propager progressivement
>> Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a immédiatement plombé le moral des ménages. Cela pèse sur la consommation, d’autant que l’inflation est vite repartie. Jusqu’ici, la hausse des prix a concerné uniquement l’énergie. Mais selon l’Insee, l’inflation devrait progressivement se propager aux autres biens et services, notamment les produits manufacturés. La hausse des prix devrait ainsi atteindre +2,7% sur un an en décembre (graphique 2).
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>> Comme les entreprises n’augmentent pas les salaires aussi vite que la hausse des prix, le pouvoir d’achat des ménages devrait baisser de 0,3% sur l’année. D’autant que, contrairement à 2022, l’Etat a jusqu’ici limité ses aides, précise l’Insee.
>> Du côté des chefs d’entreprise, le moral résiste mieux. C’est principalement l’industrie, notamment exportatrice, qui tire son épingle du jeu. Les entreprises devraient parvenir à maintenir leurs marges en répercutant la hausse des coûts de l’énergie sur leurs prix de vente.
Le marché du travail continue de se dégrader, le chômage à 8,4% fin 2026
>> Dans ce contexte de croissance réduite, les entreprises n’auraient pas besoin d’embaucher. Les destructions d’emplois salariés devraient s’amplifier ces prochains trimestres (graphique 3). Or la population active continue d’augmenter, avec la réforme des retraites et un solde migratoire plus élevé que prévu. Conséquence : le taux de chômage devrait continuer de remonter, jusqu’à 8,4% fin 2026 (7,9% un an plus tôt).
>> Naturellement, toutes ces prévisions sont exposées à un aléa majeur : l’évolution du prix du pétrole. L’accord entre les Etats-Unis et l’Iran ont ramené le prix du baril de brent à 80$ (120$ fin avril) mais les dernières semaines ont montré que la situation peut très rapidement changer. Pour établir ses prévisions, l’Insee a pris comme hypothèse un prix de 85$ le baril jusqu’à la fin de l’année.
Agenda : l’Insee actualisera ses prévisions économiques le 10 septembre.
